Actualité solidarités internationales

Blockupy Francfort : journée d’action et de manifestation pour une démocratie sans capitalisme.

20 000 manifestants, selon les médias allemands, venus de toute l’Europe ont bloqué l’accès au nouveau bâtiment de la banque centrale européenne inauguré à Francfort ce mercredi 18 mars. Blockupy, mouvement allemand né il y a trois ans, trouve son origine dans blockupy Wall Street et a pour projet de s’attaquer au cœur du capitalisme financier. Il rassemble au niveau européen des militants-es altermondialistes, syndicaux, chômeurs, précaires, travailleurs, membres de partis politiques.

L’événement a permis de réunir des militant-es venu-es de toutes l’Europe auxquelles s’était joint la puissante confédération syndicale allemande DGB et des militants associatifs anti-austérité. Le SNES était représenté aux côtés de la GEW ( syndicat des enseignants allemands membre du DGB) pour signifier le rejet d’une politique de la BCE qui plonge les peuples européens dans des difficultés croissantes.

Les deux tours de la BCE construites à grand frais ( 1,3 milliards d’euros) étaient l’objet, ce mercredi, de toutes les attentions. Les militants bloquaient les ponts pour empêcher l’accès au bâtiment alors que l’énorme dispositif policier traduisait l’inquiétude des autorités. Le blocage a duré près de deux heures non sans susciter quelques heurts avec les forces de l’ordre qui ont utilisé canons à eaux et lacrymogènes pour disperser les manifestants. L’affrontement avec la police n’était pas le but recherché mais au fond la disproportion de la réaction traduit la réussite de cette action.

Ensuite la journée, que les organisateurs voulaient festive et conviviale, s’est déroulée calmement avec un rassemblement alliant discours et festivités à 14 h puis s’est conclue par une grande manifestation à partir de 17 h.

Le SNES, qui a souscrit à la déclaration de l’assemblée générale de l’Alter Sommet le 6 mars 2015 appelant à soutenir le gouvernement grec dans sa lutte contre l’austérité, a jugé que cette action s’inscrivait parfaitement dans ce cadre. Comme le dit le DGB, principale confédération allemande dans sa déclaration de soutien, la Grèce représente une chance pour l’Europe, non une menace. C’est pourquoi participer ce jour à la remise en question du rôle de la BCE et exiger qu’elle se mette au service des peuples était une exigence incontournable !

Le peuple grec, acteur applaudi pendant toute cette journée peut s’estimer soutenu par le mouvement social dans sa lutte contre l’austérité, pour la démocratie et la renégociation de la dette. La BCE doit desserrer le nœud qu’elle a mis autour du cou des grecs ! C’est un premier pas qui devra être suivi d’autres si l’on veut en finir avec les politiques anti-sociales menées au nom de l’Europe dans tous les pays par des institutions telles la BCE qui agissent en fait de connivence avec les gouvernements.

Autres articles de la rubrique Actualité solidarités internationales