Technologie

Technologie - Dans l’attente d’une définition

Parce qu’elle est liée à l’évolution rapide des techniques et à ses conséquences sociales, la technologie, reconnue discipline d’enseignement et de culture générale, a vécu de nombreux soubresauts et adaptations depuis sa création. Mais les plus importantes difficultés auxquelles elle reste confrontée résident dans l’originalité de son organisation et dans la confusion qu’entretient encore aujourd’hui son appellation.

Le peu de place qui lui a été donné dans le socle commun de compétences et de connaissances est dû au fait que les textes produits par le ministère sont construits à partir des directives d’harmonisation des systèmes scolaires européens, où la technologie, telle qu’elle est enseignée en France au collège, est souvent ignorée. Parce qu’elle est éloignée des enseignements et recherches universitaires, et qu’elle ne dispose toujours pas d’un réel corps d’inspection, la technologie est considérée à juste titre comme une discipline non stabilisée et reste très mal représentée dans les instances ministérielles.

Les derniers programmes, imposés par le ministère au mépris du Conseil supérieur de l’éducation et de l’avis des collègues, ont abandonnés en grande partie la référence au projet technique au profit de la démarche d’investigation : il ne s’agit plus de produire un objet à partir d’un besoin, mais d’en comprendre juste le fonctionnement. L’amalgame induit entre « sciences » et « technologie » aboutit à une confusion sur les concepts, les objectifs et les démarches, réduisant la technologie à un discours sur la technique d’où l’évaluation par la production est exclue.

La démarche d’investigation, imposée comme pédagogie, reste totalement inadaptée pour aborder la plupart des concepts sur lesquels ce fonde la discipline. Cette démarche participe à réduire l’élève à un simple opérateur, maîtrisant, au mieux, quelques outils sans recul ni esprit critique.
En s’éloignant de la démarche de projet, les derniers programmes ne sont certainement pas de nature à modifier la désaffection que connaissent, même après la réforme engagée, les sections scientifiques et technologiques dans les vœux d’orientation des collégiens. Ils accentuent encore plus les inégalités sociales en confortant le virtuel, sans doute moins coûteux, au détriment de la confrontation au réel qui était le fondement de la discipline.
Enfin, la disparition de la technologie des disciplines de recrutement et sa dilution dans les quatre Capet de l’enseignement des voies technologiques entrainera dans peu de temps son étouffement et l’oubli de toutes ses spécificités.

Pour le SNES, la mise en œuvre des dernières réformes fait disparaitre l’intérêt de cette discipline qui résidait surtout dans les pratiques pédagogiques qu’elle organisait. Par la « démarche de projet technique », démarche active liée à la notion de production ou de fabrication dont l’aboutissement et l’évaluation sont les critères essentiels de validation de ce qui est acquis, la technologie donnait du sens et valorisait, sans les concurrencer ou s’y substituer, les différents apports disciplinaires de l’enseignement scientifique que l’élève utilise au collège.
Au cœur de cette démarche, la confrontation à la réalité et à l’organisation du monde du travail, conjugue des questions pratiques, théoriques et morales qui orientent les valeurs que les élèves construisent. Le travail de mémoire, fait à partir de l’histoire des techniques, incite à développer vigilance et esprit critique vis-à-vis d’un présent parfois fascinant et d’un futur à construire.

La technologie devrait permettre à l’élève de donner du sens à ses apprentissages en présentant une vision globale des processus, des savoirs et des savoirs faire, en imposant des parcours cohérents et obligés de compréhension, d’études, de réalisation, de distribution, d’utilisation d’objets techniques. Par la culture qu’elle construit à l’issue du collège, associée à la connaissance d’outils modernes liés à ses pratiques, cette discipline peut aider les élèves dans leur choix d’orientation vers des formations générales, technologiques ou professionnelles.

Vouloir faire de cet enseignement une sous-matière au service des disciplines scientifiques n’a aucun sens et remet en cause toute sa cohérence. Le cours de technologie ne saurait être réduit à une vague leçon de choses sur quelques notions techniques et scientifiques.
L’objet de la technologie n’est pas l’expérimentation et la vérification d’hypothèses scientifiques comme on veut nous le laisser croire. La technologie ne travaille pas directement sur les savoirs, mais les connecte les uns aux autres.

Par ailleurs, organiser les cours en groupes n’apparaît plus dans les textes et les plans d’équipement que diffusent les inspecteurs généraux et inspecteurs pédagogiques régionaux de rattachement de la discipline sont totalement utopistes et déconnectés de la réalité du collège.

Le SNES, qui a toujours été force de propositions, défendra sa conception de la technologie en collège face aux attaques qu’elle subit et soutiendra les collègues dans leurs difficultés.

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