La laïcité en question

Une école publique et laïque

Le SNES confirme les mandats de ses derniers congrès. En particulier le SNES réaffirme son refus du dualisme scolaire confessionnel et patronal et considère que les établissements privés ne peuvent prétendre concourir à la réalisation des missions de service public et laïque réservant ainsi les fonds publics au service public et abrogeant les lois antilaïques.

Il rappelle aussi sa demande d’abrogation du statut local scolaire et religieux d’Alsace-Moselle. Le SNES rappelle aussi son opposition à toute remise en cause de la laïcité par le biais du cadre européen.
Le SNES rappelle son attachement à la laïcité qui est un élément majeur du lien politique. La philosophie laïque promeut une sphère publique fondée sur la raison et l’esprit critique, espace de débats, de confrontation des projets et des choix. Le SNES refuse que pour préserver l’ordre établi, les croyances, la morale et l’espérance religieuses se substituent à la citoyenneté, à l’aspiration au progrès social. Il rappelle aussi son attachement sans faille à la loi de 1905 en ce qu’elle garantit la liberté de conscience et de culte mais impose que la République ne reconnaît ni ne soutient aucun culte par quelque forme que ce soit. Elle garantit ainsi à l’encontre du prosélytisme religieux la liberté absolue d’être sans religion.

En proposant une « laïcité positive », N. Sarkozy a donné une connotation négative aux principes de laïcité tels qu’ils existent aujourd’hui et laisse donc planer la perspective de leur remise en cause. Le Snes a condamné la récupération politicienne et tendancieuse du thème de la laïcité par l’UMP et ses parlementaires lors du vote d’un projet de résolution censée défendre les principes de la République par l’élaboration d’un « code de la laïcité et de la liberté religieuse » ! De la même manière l’organisation d’un débat initié par l’UMP sur la laïcité n’a servi qu’à stigmatiser une partie de la population française à des fins électoralistes.
Le Snes demande l’abrogation de la loi Carle qui au nom d’une pseudo parité, oblige les communes à financer les établissements privés hors de leur territoire ! L’UMP se réfère à la loi Debré, alors que celle-ci ne parle pas de parité mais de possibilité de financements si l’établissement répond à des besoins scolaires, ce n’est pas le cas ici puisqu’il existe une école publique dans ces communes. Le Snes a dénoncé depuis 2002, la suppression de postes dans les établissements publics et le fait que le ministère sous divers prétextes fallacieux ait toujours moins diminué en proportion les postes de l’enseignement privé, la rigueur ne concernant pour les députés UMP que l’enseignement public puisqu’il ont obligé le gouvernement à voter une rallonge de 200 postes en 2010.

L’accord passé entre la France et le Vatican visant à une reconnaissance systématique des titres et diplômes attribués par les universités catholiques était une atteinte à la laïcité. De plus elle conduisait à une remise en cause du monopole des grades universitaires par l’État. Le SNES a dénoncé le décret de 2009 transcrivant l’accord Kouchner-Vatican de 2008. Avec les syndicats de la FSU nous avons déposé un recours que le Conseil d’Etat a rejeté en juillet 2009 mais dont les attendus mettent des limites à l’application de l’accord : il ne s’applique que dans le cadre et les limites de la loi française, en excluant en particulier toute notion d’automaticité, il n’édictent pas d’obligations particulières à l’égard des établissements d’enseignement supérieur public, enfin les établissements privés d’enseignement supérieur ne peuvent délivrer des diplômes nationaux.

De manière insidieuse, les intrusions de communautés et courants religieux dans les institutions et services publics se multiplient. Les théories proches du créationnisme en sont un exemple. Dans cette optique, l’application et le renforcement de la législation sur la lutte contre les sectes sont nécessaires. Les épisodes récents, que le Snes a dénoncés, crucifix dans les salles d’examens, examens nationaux se déroulant dans des établissements confessionnels, religieux se rendant en habit ostentatoire aux réunions de jury de baccalauréat, montrent la volonté de ne plus respecter la neutralité et la laïcité par le camp religieux.
Le SNES s’oppose à toutes tentatives des groupes de pressions politiques, patronaux ou religions visant à influencer les programmes scolaires pour instaurer une histoire, une philosophie ou une économie officielles au travers des programmes (qui ne peuvent être conçus que par des universitaires et enseignants). La controverse en SVT sur l’étude du genre et les tentatives de l’Eglise catholique et de son lobby chez les députés de droite sont le reflet de cette volonté du religieux à vouloir s’immiscer dans la confection des programmes !
Parallèlement, nous dénonçons les partenariats exclusifs avec des entreprises privées.

Le SNES continuera d’oeuvrer à la pérennité et au développement du cadre unitaire constitué depuis 2007 pour défendre les valeurs de laïcité. Il continuera de tenter de le structurer afin de leur permettre d’être un outil d’information et de campagne pour la défense et la promotion de la laïcité dans notre pays. Il défendra la création de déclinaisons locales de cette structure unitaire.

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